Le Mystère de La Pérouse prend ses racines en Vendée.
Dans
le
village
du
Boupère,
voisin
du
Puy
du
Fou,
vivent
les
descendants
du
lieutenant
de
vaisseau Augustin de Monti, bras droit de La Pérouse.
Lorsque
Jean-François
de
La
Pérouse
doit
choisir
son
second
pour
commander
"L'Astrolabe",
le
deuxième
vaisseau
de
l'expédition,
il
opte
pour
l'un
des
marins
les
plus
aguerris
de
son
temps,
ayant
participé
à
la
Guerre
d'Indépendance
Américaine
:
le
lieutenant
de
vaisseau
Augustin
de
Monti (1753-1788).
Conformément
à
la
tradition,
le
lieutenant
de
vaisseau
Monti
emmena
à
bord
sa
vaisselle
portant
les armoiries de sa famille.
A
la
fin
du
XXème
siècle,
lors
des
fouilles
archéologiques
sur
les
deux
épaves
dans
les
eaux
de
Vanikoro, les équipes de recherches ont notamment remonté une assiette.
Après
identification
grâce
aux
armoiries,
elle
fut
rendue
à
M.
Aymar
de
Monti
descendant
du
bras
droit de La Pérouse.
Cette histoire authentique fut le point de départ de la création du spectacle "Le Mystère de La Pérouse".
En
2016,
lorsque
la
famille
de
Monti
sut
que
le
Puy
du
Fou
s'était
lancé
sur
les
traces
de
son
ancêtre
et
elle
décida
de
confier
l'assiette
en
dépôt
au
Puy
du
Fou.
Cet objet, témoin de la plus fascinante expédition de l'Histoire de France, est au cœur de l'intrigue de la création du Puy du Fou.
À travers l'histoire de cette assiette revenue du bout du monde après avoir passé 200 ans au fond des océans.
Les
visiteurs
sont
désormais
les
témoins
privilégiés
du
destin
de
ces
grands
hommes,
marins
et
explorateurs,
qui
partaient
à
la
découverte
du
monde
pour
le
rayonnement de la France.
L’Assiette d’Augustin de Monti
Sous la lueur fragile d’une lanterne, un fragment rescapé d’un monde englouti se révèle.
Une
porcelaine,
des
armoiries
peintes
en
bleu,
et
l’ombre
portée
d’un
mystère
maritime
qui
n’a
jamais cessé de hanter les mémoires françaises.
Un Fragment Rescapé d’un Monde Englouti
Dans
ce
clair-obscur,
l’assiette
d’Augustin
de
Monti
apparaît
comme
un
objet
hors
du
temps,
un
éclat de civilisation que les siècles n’ont pas réussi à effacer.
Ses
armoiries,
tracées
en
bleu
cobalt
sur
la
blancheur
de
la
porcelaine,
portent
la
marque
d’une
époque
où
le
rang,
la
science
et
l’exploration
avançaient
ensemble
vers
des
horizons
encore vierges de toute carte.
Ce service de table n’était pas destiné aux simples matelots.
Il
appartenait
au
monde
des
officiers,
des
savants,
de
ces
hommes
que
le
roi
envoyait
aux
confins du globe pour mesurer, observer, comprendre.
Chaque
repas
pris
dans
cette
vaisselle
était
un
acte
de
représentation
autant
que
de
nécessité
: la France éclairée, affirmant sa présence jusque dans les mers les plus reculées.
Rien qu’en l’observant, on devine qu’elle a voyagé loin.
Peut-être plus loin que ceux qui l’ont un jour tenue entre leurs mains.
Fragile,
précieuse,
improbable
survivante,
cette
assiette
semble
avoir
traversé
les
périls
avec
une obstination presque miraculeuse.
L’Ombre de La Pérouse
Derrière
cette
porcelaine
se
dessine
l’ombre
de
Jean-François
de
La
Pérouse,
dont
la
disparition demeure l’un des plus grands mystères maritimes français.
Parti
de
Brest
en
1785
à
la
tête
de
La
Boussole
et
de
L’Astrolabe,
il
avait
reçu
mission
de
Louis
XVI
:
compléter
les
explorations
de
Cook,
dresser
des
cartes,
établir
des
contacts
diplomatiques, et rapporter au royaume une somme de connaissances inédite.
À
bord
se
trouvaient
naturalistes,
astronomes,
ingénieurs,
dessinateurs,
une
communauté
de
l’intelligence
embarquée
dans
l’inconnu,
convaincue
que
la
raison
pouvait
percer
tous
les
voiles du monde.
La dernière lettre de La Pérouse fut envoyée depuis Botany Bay en février 1788.
Après cela, le silence.
Était-elle à bord de l’une des deux frégates, cette assiette aux armoiries bleues ?
A-t-elle
traversé
les
tempêtes
du
cap
Horn,
les
glaces
de
l’Alaska,
les
nuits
d’observation
à
Macao ou aux Philippines ?
Nul ne peut l’affirmer.
Mais
sa
présence,
éclairée
par
la
flamme
vacillante,
semble
murmurer
une
vérité
que
les
archives n’ont pas encore su formuler.
La Flamme Vacillante du Clair-obscur
La lumière de la lanterne révèle autant qu’elle dissimule.
Comme
dans
un
tableau
flamand,
la
bougie
sculpte
les
ombres,
fait
vibrer
le
bleu
des
armoiries, et laisse planer un doute : que cherche-t-elle à nous dire ?
Les objets anciens accumulent du sens avec le temps.
Ils deviennent des palimpsestes où chaque époque inscrit sa propre lecture.
Cette
assiette
a
traversé
des
mains
inconnues,
des
inventaires,
peut-être
des
ventes
silencieuses,
avant
de
se
retrouver
ici,
dans
ce
faisceau
de
lumière
qui
la
transforme
en
énigme.
Ce que la flamme révèle, ce n’est pas la vérité historique, mais la texture même du mystère.
Un Indice Posé sur la Table de l’Histoire
Dans ce clair-obscur final, l’assiette devient plus qu’un objet de collection.
Elle
est
une
piste,
fragile,
ambiguë,
mais
bien
réelle,
reliant
le
nom
d’Augustin
de
Monti
à
l’une
des plus grandes disparitions de l’exploration française.
Les grandes énigmes ne se referment jamais tout à fait.
Elles continuent d’attirer chercheurs et rêveurs vers leurs archives lacunaires.
La Pérouse appartient à cette catégorie rare : celle des fantômes qui ne cessent de revenir.
Deux
siècles
après
sa
disparition,
chaque
objet
potentiellement
lié
à
son
expédition
devient
un
fragment d’un puzzle que nul n’a encore reconstitué.
Et peut-être est-ce là l’essentiel : non pas la certitude, mais le geste de l’enquête.
Cette
manière
qu’ont
les
objets
de
nous
inviter
à
poser
des
questions
auxquelles
ils
ne
peuvent
répondre qu’à demi-mot.
L’assiette d’Augustin de Monti demeure une énigme.
Mais
une
énigme
qui
parle,
qui
murmure,
et
qui
nous
tend
la
main
à
travers
les
siècles
avec
la
grâce fragile des choses qui ont survécu à tout.